Avec cette vue capturée en début d’année, nous pénétrons dans le monde du faux-semblant. Attention, ne nous méprenons pas : il s’agit bien d’une branche d’églantier, communément appelé « rosier des chiens » parce qu’on pensait qu’il pouvait guérir de la rage transmise par les chiens. Mais un regard trop rapide sur les éléments de cet arbuste pourraient nous induire en erreur. Intéressons-nous d’abord aux fruits, ces baies rouges connues des enfants puisqu’ils les ouvraient pour en retirer le poil à gratter. En réalité, il s’agit de pseudo-fruits. En effet, après pollinisation, le calice enfle et se transforme, sous l’effet de la lycopène, en un sac rouge qui se referme sur les graines. La paroi interne est garnie de poils irritants pour les muqueuses. Leur ingestion provoque un prurit anal qui est à l’origine du nom « gratte-cul ». Très riches en vitamine C, les cynorhodons sont recherchés pour confectionner une délicieuse confiture. Mais la cueillette n’est pas aisée, car l’arbuste se protège au moyen d’une multitude d’épines. Il s’agit en fait d’un mot valise qui englobe des réalités différentes. L’épine est le résultat de la transformation d’un organe (feuille ou tige) et forme un tout. L’églantier ne porte pas d’épines, mais des aiguillons qui font partie intégrante de l’épiderme de l’arbuste. Quand on arrache un aiguillon, on enlève une partie de l’écorce. Mais le résultat est tout aussi piquant!
Ensisheim, le 17 janvier 2023
