Le serpent

Les églises disséminées dans les villages qui bordent le Lac du Der recèlent de trésors. Entre Montier et l’étang de la Horre, se trouve l’ancien village de Puellemontier et son église de style gothique « Notre-Dame-en-sa-Nativité ». Construite au 13è siècle, elle abrite des vitraux du 16è siècle, dits de « l’école troyenne ». Nous nous arrêtons devant la représentation d’un célèbre passage du livre de la Genèse où le serpent pousse Eve à consommer le fruit de l’arbre défendu. Pour comprendre le sens de cette scène, il faut se rappeler que les fidèles n’avaient accès aux textes de la Bible qu’à travers les peintures et les sculptures qui ornaient les murs des édifices religieux. Il était donc essentiel que la symbolique soit claire et accessible. Adam et Eve sont dans le jardin d’Eden; ils ne manquent de rien et sont heureux. La seule limite est l’accès à l’arbre de la vie. Le vitrail met en scène le processus de la convoitise qui va entraîner le malheur du couple. Et c’est un serpent, un animal représenté avec une tête de femme et doté de la parole qui matérialise la tentation. Le péché originel commis par Eve et Adam va rejaillir sur toute l’humanité qui ne pourra être sauvée que par une intervention divine.

Puellemontier, le 14 février 2020