Un sacré imitateur

Perché au sommet d’un fruitier, l’étourneau chante l’arrivée du printemps, et ce n’est pas de la roupie de sansonnet. L’oiseau est un festival à lui tout seul et son chant, un gigantesque pot pourri de variations et d’imitations. Dès ses premières semaines, l’oiseau apprend la langue de ses pairs, mais très vite sa phonothèque se remplit de différents sons entendus dans son entourage. On le dit capable d’imiter le chant ou le cri de plus de 70 espèces d’oiseaux, avec un goût immodéré pour le loriot, la buse, le moineau ou la poule domestique. Un cauchemar pour un ornithologue débutant ! L’étourneau peut aussi contrefaire d’autres sons entendus : voix, claquement de porte, sonnerie de téléphone, sirènes d’alarmes, instruments de musique… On rapporte même qu’en Irlande, un match de foot a dû être interrompu à cause d’un étourneau qui imitait à la perfection le coup de sifflet de l’arbitre. Chez cet oiseau hyper bavard, le chant n’est pas seulement le moyen d’attirer une partenaire ou d’éloigner des rivaux ; c’est un instrument de  régulation de la vie sociale, tout au long de l’année.

Ensisheim, le 8 mars 2025