A la buvette

Le soleil tape fort en ce début d’après midi et les températures ne cessent de grimper. C’est au bord du canal désaffecté, à l’ombre des grands arbres de la Hardt, que nous cherchons un peu de fraîcheur. Le chemin de halage est fréquenté par quelques cyclistes qui fuient également le bitume. La faune aviaire se fait discrète; pour les oiseaux, l’heure est à la sieste. C’est le monde des insectes qui occupe le devant de la scène. Il suffit de s’arrêter quelques minutes au bord de l’eau pour se rendre compte que le canal est une autoroute pour les libellules et les odonates. Posés sur une petite branche, ils décollent en quatrième vitesse pour intercepter un moustique ou un moucheron et reviennent le déguster à leur poste de guet. Les abeilles également sont adeptes de ce lieu qui est pour ainsi dire leur buvette. Pour se poser en toute sécurité, elles recherchent des herbes agglutinées ou quelques pierres qui dépassent de l’onde. C’est en petits groupes qu’elles se désaltèrent avant de reprendre leur vol. Sans doute le nectar sucré des plantes donne-t-il soif tout autant que la chaleur de l’air.

Baldersheim, le 22 août 2024