L’escargot qui s’est arrimé au dos d’une feuille d’ortie n’est pas douillet et ne craint pas de s’aventurer au milieu des poils urticants. Pour lui, prendre un peu de hauteur par temps de canicule est une question de vie ou de mort : en restant au sol, il serait momifié en très peu de temps. La première partie de l’ascension est la plus difficile car l’ortie a construit un véritable Mur de l’Atlantique avec des picots implantés dans tous les sens. Mais lorsqu’il a atteint le dessous d’une feuille, cela devient beaucoup plus facile parce qu’ils sont tous couchés dans le même sens. Une fois qu’il trouve un emplacement favorable, si possible à l’ombre et un peu ventilé, il installe son campement. D’abord il se rétracte complètement dans sa coquille; en réduisant la surface corporelle exposée à l’air chaud, il réduit la perte d’eau. Il peut aussi se coller à son support. Le mucus sèche rapidement et forme une couche étanche qui empêche l’eau de s’échapper et l’air sec d’entrer. Il attendra patiemment la prochaine pluie pour déménager sa maison.
Baldersheim, le 28 juin 2024
