Lorsqu’on tombe nez-à-nez avec un arbre abattu à coup de ciseaux à bois et pas complètement détaché de la souche, il n’y a pas lieu de se poser de question sur l’ouvrier qui a exécuté le travail. C’est l’oeuvre d’un castor, un adepte du travail de nuit, qui laisse les troncs taillés en crayons. Inutile de le chercher en plein jour : il a rejoint ses quartiers souterrains et attend que le calme du soir revienne pour bûcheronner et s’alimenter. Il est par contre intéressant de sortir une carte IGN pour essayer de comprendre comment il a pu s’installer au bord de cette ancienne gravière transformée en plan d’eau. Cela fait une quarantaine d’années que le rongeur fréquente à nouveau la Doller, mais la rivière coule à 500 m de la gravière. Le castor a dû suivre le cours du Steinbaechel, un ruisseau alimenté par la Doller, distant de 100 m à peine. Pour accéder au plan d’eau, il y a encore un obstacle à franchir : une route départementale assez fréquentée. C’est le risque à prendre pour coloniser de nouveaux territoires.
La gravière de Burnhaupt, le 27 février 2025
