Avec les fortes chaleurs qui nous accablent dès le mois de juin, nous avons la nostalgie des printemps d’antan, qui étaient lumineux mais où l’air mettait un certain temps à se réchauffer. A présent, quand arrive l’heure de midi, on a du mal à s’exposer aux rayons brulants du soleil ; alors chacun s’efforce de trouver une petite place à l’ombre. Et parfois cela donne lieu à des situations comiques… Sur la colline calcaire du Bollenberg, les silènes ont déjà fleuri et leurs calices enflés commencent à sécher. C’est précisément l’abri choisi par un drôle d’insecte dont on ne voit dépasser que les pinces arquées. Le forficule, communément appelé « pince-oreilles », redoute la sècheresse et se réfugie souvent sous une pierre ou des débris végétaux, en attendant de se mettre en activité à la tombée de la nuit. C’est un allié précieux du jardinier car il chasse les pucerons, psylles et autres chenilles. Les cerques à l’extrémité de son abdomen ne percent pas les oreilles mais lui servent à se défendre contre les prédateurs. Il possède bien des ailes membraneuses et des élytres très courtes qui recouvrent le haut de son abdomen mais ne les utilise guère pour voler.
Le Bollenberg, le 21 juin 2020
