Sur la pelouse exposée plein sud pousse une plante singulière qui a appris à vivre au rythme du passage de la tondeuse. Plutôt que d’investir dans de grandes hampes florales, elle a choisi la mesure, pour avoir le temps de fleurir et produire des graines au moment opportun, quand la chaleur s’installe pour quelques semaines et limite la croissance des herbes. Discrète, elle arbore néanmoins des épis de fleurs dorées riches en pollen pour attirer les syrphes et autres insectes pollinisateurs. Les sépales soudés à la base forment un réceptacle en forme de cône inversé, velu et marqué de sillons, qui protège le calice et les nombreuses étamines. A la chute des pétales, les lobes libres des sépales se rabattent vers l’intérieur et masquent l’ouverture de l’urne. Les excroissances rouges disposées en cercle autour du réceptacle deviennent des épines dures munies de cochets. Elles serviront à faire voyager les graines arrivées à maturité et fixées au pelage des animaux ou aux chaussettes des promeneurs.
Baldersheim, le 15 août 2024
