La botanique est souvent prétexte à promenade… sur le terrain, bien sûr, mais également dans les livres ou les dictionnaires, car les noms des plantes peuvent être obscurs. C’est le cas de cette rosacée que Linné a baptisée Agrimonia eupatoria en 1753. Pour nommer le genre, aigremoine, il a utilisé le mot grec argemon qui désigne la cataracte oculaire. En effet, la plante était alors utilisée pour soigner les plaies de l’oeil. Le second terme, eupatoire, qui est directement attribué à l’espèce, fait allusion à un roi du Pont, en Asie Mineure, Mitridate Eupator, grand adversaire des romains et connu pour sa méfiance et l’invention d’une méthode d’accoutumance aux poisons. Voilà donc cette plante médicinale connue depuis l’antiquité pour ses propriétés astringentes, cicatrisantes et anti-inflammatoires. D’ailleurs, on l’appelle également « thé des bois ». Pour la trouver, il suffit de sillonner les prairies sèches et les bords de chemins où elle pointe sa tige à plus de 50 cm de hauteur. C’est une rusée : elle développe des graines munies de crochets qui s’accrochent facilement aux poils des animaux pour se promener à son tour et coloniser de nouveaux espaces.
Baldersheim, le 08/06/2020
