C’est en mai-juin que l’on a le plus de chance d’observer une petite abeille solitaire, une andrène qui, du matin au soir, fréquente assidument la bryone en pleine floraison. L’ hyménoptère et la plante ont coévolué pendant près de 8 millions d’années. La femelle de l’andrène prélève le pollen sur les fleurs mâles de la bryone pour nourrir ses larves; en aspirant le nectar produit par les fleurs femelles, présentes sur d’autres pieds, elle participe à la fécondation de la plante. L’andrène est facile à identifier avec sa tête et son thorax poilus, de teinte brun sombre, et un abdomen taché de rouge orangé vers l’avant. Communément appelée abeille des sables, elle creuse des galeries verticales dans la terre compacte dénuée, jusqu’à 10 cm de profondeur et menant à des loges latérales où la femelle pond les oeufs. Fait remarquable, l’andrène femelle peut choisir le sexe de sa progéniture. En déclenchant l’ouverture de la spermatique, elle peut féconder les oeufs pour donner naissance à des femelles. Dans le cas contraire, naîtront des mâles.
Baldersheim, le 21 mai 2022
