Pour observer un anthrène, il faut d’abord faire un tour chez l’opticien… C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin : la bestiole – un coléoptère de la famille des dermestidés – mesure entre deux et trois millimètres. Sa forme ronde évoque une coccinelle, mais sa constitution diffère grandement. Les élytres sont recouverts d’écailles colorées ou sombres avec de larges soies couchées. En cherchant bien, on remarque que les antennes sont ramenées sous le corps. Comme de nombreux autres coléoptères, l’adulte se nourrit de nectar et de pollen. Les femelles ont l’habitude de pondre leurs oeufs dans les nids d’oiseaux. Les larves de l’anthère sont très velues et entraînent des réactions allergiques cutanées. Elles vivent dans le noir et se nourrissent de matières organiques d’origine animale ou végétale. Elles sont friandes de poussière, de coton, de laine, de poils, d’insectes morts… et sont même capables de déférer la kératine. On avait recours à leurs services pour nettoyer les squelettes des animaux à naturaliser. Un conseil : avant de ramener un bouquet de marguerites, il vaut mieux inspecter minutieusement les fleurs pour éviter d’introduire à la maison de redoutables passagers clandestins.
Le Pont-du-Bouc, le 28 mai 2023
