S’il est un oiseau que l’on est sûr d’apercevoir à la Petite Camargue Alsacienne, c’est bien le héron cendré. Les bords des étangs sont bordés de grands arbres qui sont sur-occupés en période de nidification. A chaque étage de ces HLM on peut voir des enchevêtrements de branchages très sonores et suivre les incessants aller-venues des échassiers stimulés par l’appétit de leur progéniture. C’est dire le stress des parents qui chassent à l’affût et restent parfois de longs moments immobiles avant de harponner une prise. Le juvénile manque souvent d’expérience. On lui reconnaît l’attention, la détente du cou qui plonge le poignard dans l’eau… mais peu de tentatives sont fructueuses. Lorsqu’il réalise sa méprise, le héron s’ébroue et dresse les plumes de la tête et du cou pour rester au sec. Il fait quelques pas puis s’immobilise à nouveau, l’oeil aux aguets et le corps bandé comme un arc. A défaut de poisson, il peut se laisser guider par son ouïe pour aller taquiner les grenouilles rieuses.
La petite Camargue, le 4 juin 2024
