Argus bleu

Habituellement le mot « revers » a plutôt une connotation négative ; c’est comme l’envers de la médaille qui vient contredire la splendeur du dessus de l’affiche. L’argus bleu a choisi la stratégie inverse : c’est le dessous qui constitue un savant tableau de maître, alors que l’autre face des ailes est plus uniforme : bleu clair chez les mâles et brun foncé chez les femelles. Le revers est riche en motifs et en couleurs. La palette va du blanc au noir, en passant par le bleu clair, le brun pâle et l’orange flashant. Les motifs ne sont pas en reste : des fanges extérieures, une fine bordure, des lunules marginales, des points aux contours marqués… C’est durant la phase nymphale que ce tableau se met en place, sous contrôle endocrinien, les taux d’hormones déterminant l’expression de certains gènes, et donc du mécanisme pigmentaire. Mais il peut varier avec les conditions environnementales – alimentation de la chenille ou stress climatique. A l’heure ou beaucoup d’espèces d’insectes sont en nette diminution, l’argus bleu dont la plante hôte est la bugrane s’adapte aux milieux modifiés par les activités humaines et voit se succéder jusqu’à 3 générations par an.

Le Rothmoos, le 16 août 2024