Avec l’arrêt de l’exploitation d’une carrière de gravier, la nature retrouve peu à peu ses droits. La végétation revient en force et la faune réinvestit l’espace délaissé par les hommes. Plusieurs couples de tourterelles des bois y nichent à nouveau, ainsi qu’un grand nombre de passereaux ; les faisans y font entendre régulièrement leur chant… L’autour des palombes ne s’y est pas trompé : voilà des proies qui lui conviennent bien. Il se veut discret, perché sur une branche basse, au milieu d’une végétation dense. Mais sa livrée beige avec de grosses rayures brunes le rend visible de loin. C’est un juvénile, une femelle, reconnaissable à l’iris jaune de ses yeux. Le bec crochu, les serres et la forme des ailes rappellent l’anatomie des éperviers, en plus grand. L’autour est d’ailleurs appelé Accipiter Gentilis, ce qui désigne un oiseau qui peut déchiqueter mais qui se laisse également dresser. Quant au nom vernaculaire, autour, il vient d’un terme provençal, austor, lui-même dérivé de auceptor qui désigne l’oiseleur… Nous avons juste le temps d’admirer la beauté de son plumage et sourcil pâle qui sépare la calotte et les joues sombres avant qu’il ne batte en retraite, d’un vol bas et rapide.
La carrière sèche de Réguisheim, le 1 septembre 2024
