Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de découvrir un nouveau mot, sauf à fréquenter la littérature scientifique qui est friande d’étymologie latine ou grecque. Ainsi pour désigner un animal au sang froid, on a recours au mot poïkilotherme, qui est composé du préfixe grec poïkilo-, signifiant« irrégulier », et de therme, qui véhicule la notion de « chaleur ». On peut également utiliser le mot ectotherme qui sous-entend qu’il utilise la chaleur qui vient de dehors. Voilà donc une bonne entrée en matière pour découvrir ce lézard vert qui prend un bain de soleil. C’est le printemps; il vient de sortir de la léthargie dans laquelle il était plongé tout l’hiver et il a besoin de se recharger en énergie pour vivre la grande aventure : trouver une compagne et assurer une descendance. Il a peaufiné son manteau d’arlequin : un corps vert pomme, presque fluo, alternant avec du jeune citron et une multitude de taches noires pour éblouir les femelles et une gorge maquillée de bleu pour intimider les autres mâles. Il a choisi une roche calcaire déjà bien chaude pour s’allonger au soleil, un peu à l’écart du sentier, afin de ne pas être trop dérangé.
Le Bollenberg, le 24 mai 2020
