Baiser du silène

La lisière de la forêt est un lieu où il se passe toujours quelque chose. Les oiseaux le fréquentent assidûment comme terrain de chasse avec possibilité de repli en cas d’alerte. Les insectes affectionnent les nombreuses plantes qui recherchent la lumière tout en étant partiellement au frais. Il n’est pas inintéressant de rester immobile quelques minutes pour observer cette vie qui foisonne. Aux heures les plus chaudes de cette journée estivale, un papillon patrouille dans sa livrée de juge : un dessus brun noir avec une large bande blanche transversale surmontée d’une ocelle. Il pourchasse tout autre papillon qui passe à proximité. Dans sa foulée, il vient même inspecter ma chemise à carreaux. Et brusquement il disparaît de la vue : il vient de se poser quelque part en fermant ses ailes. Affichant un marbré de noir, de gris et de blanc, il se confond avec l’environnement. Et puis il reprend son vol pour faire une rapide visite à la vergerette qu’il embrasse aussitôt. Le moment d’intimité est court : quelques secondes plus tard, le voilà à nouveau dans les airs. 

Baldersheim, le 22 août 2024