Dans la famille de brassicae, certaines espèces bénéficient d’une notoriété exceptionnelle : c’est le cas du sénevé qui a fait l’objet d’une parabole dans les Evangiles. D’autres, qui étaient couramment utilisées, sont tombées dans l’oubli. Ainsi la barbarée commune n’a pratiquement plus droit de cité dans les livres consacrés aux plantes sauvages. Durant de longs siècles, pourtant, on ramassait ses fleurs jaune éclatant qui rappelaient la couleur du feu et pouvaient, en vertu de la théorie des signatures, apaiser les brûlures. La barbarée était communément appelée herbe de Sainte-Barbe, patron des mineurs et des pompiers. On trouve aussi l’expression « herbe aux charpentiers », car ces derniers en faisaient des emplâtres pour soigner les petites coupures. La révolution médicale a balayé en quelques décennies toutes ces pratiques anciennes. Il reste un domaine qui permettra peut-être de repêcher la barbarée : ses fleurs et ses feuilles sont comestibles lorsqu’elles sont jeunes à condition de les faire cuire pour enlever leur amertume.
Baldersheim, le 18 avril 2024
