Bécasseau sanderling

Il est relativement rare de disposer d’un même mot pour désigner un oiseau dans trois langues différentes. C’est le cas pour ce bécasseau que l’on nomme sanderling en français, en allemand et en anglais. Ce nom vient de l’ancien anglais et signifie « le laboureur des sables ». C’est une allusion au fait que l’oiseau court très vite sur le sable des plages, avançant avec la mer quand elle se retire et se précipitant vers le haut de l’estran quand l’eau revient. Avec son bec relativement court, il ne peut sonder le sable en profondeur et est obligé de grappiller les crevettes et autres invertébrés transportés par la marée. Cet oiseau qui est très souvent en train de courir avec frénésie a une particularité anatomique bien étrange : ses pattes ne disposent que de trois doigts, et sont entièrement libres, sans ébauche de palmure à la base. Mais c’est un as de la migration. En été, il niche au cercle polaire, au nord-est du Groenland, dans la toundra pierreuse au milieu de rares lichens et plantes clairsemées. Dès la fin de l’été, il effectue un très long voyage qui peut le mener en Afrique de l’Ouest en passant par les côtes européennes. Le bécasseau sanderling est assez facile à identifier au milieu d’autres limicoles : comme le suggère son nom scientifique, Calibris alba, il s’agit d’un « oiseau de mer presque tout blanc ».

Le Fier d’Ars, le 24 septembre 2024