Bernache cravant

Fin septembre, on voit arriver les premiers contingents de bernaches cravants sur les côtes de l’Atlantique. 70 % de la population mondiale  investissent les baies et les estuaires du littoral français pour y passer l’hiver. Grégaires, elles vivent en groupes structurés unissant plusieurs familles. Dans ces rassemblements, les efforts de vigilance sont mutualisés et chaque individu peut consacrer plus de temps à se nourrir. Exclusivement herbivores, elles consomment des algues et la zostère naine, une herbe marine vivace. Elles repartent au printemps en direction de la toundra de la péninsule du Taïmyr, au nord de la Sibérie, où elles se reproduisent. Le périple dure 45 jours environ et est entrecoupé de plusieurs haltes, particulièrement sur les îles de la mer des Wadden. En-dehors de cette oie migratrice, le mot bernache désigne également un crustacé pédonculé qui se fixe sur les rochers et les bois flottés. Une légende raconte que les hommes voyant arriver chaque hiver les bernaches par la mer ont supposé qu’elles naissaient de ce coquillage situé au large. Le terme cravant a également le double sens d’oie sauvage et de coquillage marin.

Le Fier d’Ars, le 26 septembre 2024