Lorsque les eaux se retirent du marais du Rothmoos, la végétation se réveille et perce la vase pour reverdir les espaces. Les occupants du milieu aquatique entament une migration et sont aussitôt replacés par d’autres animaux attirés par l’abondance et a fraîcheur de cette manne. Une laie y a entraîné sa harde de marcassins ; d’autres espèces ne tardent pas à leur emboiter le pas. Attiré par l’herbe tendre, un jeune brocard franchit le rideau de roseaux et se restaure dans une quiétude toute relative: sans cesse, sa patte arrière chasse les moustiques qui s’acharnent sur lui, mais la nécessité de se nourrir l’emporte sur ces désagréments. Il a également intégré qu’il se trouvait dans un espace protégé et n’a pas à craindre d’être importuné par les humains. Les bois en pointe, sans aucune ramification, qu’il porte sur la tête plaident pour un jeune âge, tout comme la largeur relative de son cou. La forme physique du chevreuil dépend de la qualité de la nourriture disponible mais également de la pression qui est exercée sur lui par tous les prédateurs qu’il peut rencontrer. Pour lui, la quiétude n’a pas de prix.
Le Rothmoos, le 27 juin 2023
