Bruant proyer

Le paysage qui jouxte la carrière sèche est mouvant. Des camions et des tracteurs y entreposent différents matériaux qui feront l’objet d’un broyage avant d’être réutilisés ailleurs. C’est une sorte de caverne d’Ali Baba pour les oiseaux « chiffonniers »: ils y récupèrent aussi bien des restes de tissus que des petites branchettes pour construire leur nid. Le bruant proyer est du nombre. Comme souvent, le nom scientifique permet de cerner sa spécificité. Miliaria calandra nous indique qu’il est accro aux graines – le mil, au sens général de céréales – et qu’il partage de nombreux traits avec une alouette des champs. Il s’en distingue cependant par un gros bec et l’absence de huppe. Les anglais l’appellent sribbling lark, l’alouette qui griffonne, par allusion à ses oeufs ornés de lignes sombres irrégulières. En tout cas, il est aussi des champs puisque c’est le sens de proyer qui est dérivé du latin pratum. Comme son plumage, son chant est simple et plutôt banal; c’est une série presque invariable de notes hésitantes qui s’accélèrent en un tintamarre final grinçant.

L’ancienne carrière de Réguisheim, le 27 juillet 2024