Depuis des années, la haie de thuya sert de mur d’escalade à une plante grimpante qui cherche à fleurir en pleine lumière, la bryone dioïque. Le mot bryone vient du grec et signifie « qui pousse avec vigueur ». Il faut dire que cette plante vivace a de la réserve! Sa racine souterraine est une grosse cylindrée qui lance chaque printemps de nombreuses pousses à l’assaut du moindre support : un arbuste, une clôture, une haie… Pour assurer l’ascension, il faut de solides points d’accroche. C’est la mission conférée aux vrilles qui sont projetées comme des serpentins et qui se transforment en hélices à double ressort lorsqu’elles rencontrent un support adéquat. Les fleurs mâles et femelles ne se retrouvent pas sur un même pied… comme l ‘école primaire du début du 20è siècle qui accueillait les garçons et les filles dans des bâtiments séparés. Dans les périodes de grande disette, la racine de bryone, pourtant hautement toxique, était cueillie, bouillie et mangée, au prix de graves intoxications. La forme du tubercule fait un peu penser à une silhouette humaine; il était utilisé en substitut de la mandragore comme un talisman pour éloigner le mauvais sort. Pour ces raisons, la bryone est aussi appelée « le navet du diable ».
Baldersheim, le 19 mai 2022
