Les friches agricoles ou industrielles, les espaces où sont entassés les décombres ne restent jamais très longtemps nus. Les milliers de graines enfouies dans un petit périmètre de terre attendent le moment propice pour se lancer dans la grande aventure ; cet instant correspond souvent avec un grand chamboulement. Et c’est avec un air de revanche qu’elles partent à l’assaut des talus. Celle qui tient le haut du pavé est bien singulière : elle a des prétentions de grandeur et domine facilement ses concurrentes avec 60 cm de hauteur. Mais ses fleurs sont assez petites et groupées en crosse ou en queue de scorpion. A cause de leur forme et de leur rugosité, les feuilles ont été comparées à des langues de bœuf, ce qui correspond d’ailleurs à l’étymologie du mot buglosse. Si elle est appelée officinale, c’est évidemment parce qu’elle a été utilisée comme remède, surtout les fleurs. Elle était considérée comme sédative, analgésique et laxative. Mais comme beaucoup de Boraginacées, elle contient de faibles quantités d’alcaloïdes pyrrolizidiniques, qui sont susceptibles de provoquer des tumeurs hépatiques. Il ne faut pas cueillir cette plante. Devenue assez rare, elle est inscrite sur la liste rouge des espèces menacées d’extinction.
Baldersheim, le 14 juillet 2020
