Voilà un étrange paradoxe : on les appelle « canards siffleurs » alors qu’ils passent 12 à 16 h par jour à s’alimenter… et ce ne sont que les mâles qui émettent un puissant sifflement quand les femelles se contentent d’un grognement sec. Le nom scientifique rappelle la légende de Penelope, enfant, qui aurait été jetée à l’eau et sauvée par des canards tachés de rouge. Ce sont encore une fois les mâles qui sont ciblés, avec leur tête rousse, la poitrine rose, le corps gris, le ventre blanc et le croupion noir. Le plumage des femelles est plus terne…Les canards siffleurs nous rendent visite chaque hiver, lorsque les conditions climatiques deviennent insupportables dans les pays nordiques. Ils fréquentent le littoral mais également les rives des fleuves ou les plans d’eau, surtout quand ils trouvent des prairies humides pourvues d’herbes rases. On observe que les mâles sont les plus nombreux car les femelles et les immatures préfèrent migrer vers des contrées plus méridionales : sont-ils indisposés par les rigueurs du climat ou l’agressivité des mâles ? En fait, les canards siffleurs sont assez farouches et prompts à l’envol.
Kembs, le 3 février 2023
