La giroflée des murailles qui entame une splendide floraison ne laisse pas les insectes indifférents : le pollen est distribué généreusement et de nombreuses espèces viennent faire bombance. La cétoine dorée n’est pas en reste. Ce coléoptère de la famille des scarabéidés connaît les raccourcis et se dirige d’emblée vers les étamines qu’il mâchouille allègrement, opérant ainsi une sorte de castration de la fleur. On lui pardonnera cette fantaisie car dans sa forme larvaire, la cétoine a rendu de grands services en participant à la transformation du bois mort et la maturation du compost. En se métamorphosant, elle a endossé une armure de métal ancien, aux colorations verdâtres dont l’iridescence est liée à la structure de la cuticule. La pellicule externe est recouverte d’un mélange de lipides qui ont une action protectrice contre la dessiccation et les agressions extérieures des micro organismes ; ils sont aussi utilisés comme signal de reconnaissance de l’espèce. Il faut remarquer la singularité du vol de la cétoine qui n’a pas besoin de déplier les élytres pour utiliser les ailes postérieures membraneuses. Ce décollage express lui permet de quitter très rapidement une fleur pour rejoindre un autre environnement prometteur.
Baldersheim, 29 avril 2022
