Chanteur rustre

En ancien français, on utilisait le mot pouillot pour désigner le petit d’un oiseau. Et justement, l’oiseau qui nous épie, agrippé après une ronce, est à peine plus grand qu’un troglodyte. Le nom scientifique nous apprend qu’il inspecte minutieusement les feuilles et chante comme s’il comptait des pièces. On l’appelle communément véloce en raison de son extrême mobilité ou encore du fait de son retour précoce de migration. Le pouillot véloce est à l’aise dans le strate arbusive de faible hauteur, avec des trouées et des clairières. C’est dans les buissons qu’il cherche en permanence de la nourriture : insectes, chenilles, araignées, pucerons… Le mâle est un rustre ; quand il a séduit la femelle, il la laisse à sa besogne : construire le nid, couver et s’alimenter, nourrir les petits… Mais il chante, ce qui lui vaut d’être appelé Laubsänger en allemand et leaf warbler en anglais. Lorsque le temps froid arrive, le pouillot véloce boucle ses valises pour rejoindre les contrées méditerranéennes. 

Le Rothmoos, le 21 mars 2023