Chenille petite tortue

Au bord de la rivière, l’ortie est reine. Sur des dizaines de mètres, on ne voit qu’elle, grande et luisante au soleil. Pourtant certaines plantes commencent à avoir triste mine, comme si elles étaient grignotées en de multiples endroits. En s’approchant un peu, on observe effectivement une myriade de chenilles qui découpent méticuleusement le limbe des feuilles. C’est l’oeuvre de la chenille de la petite tortue, un papillon inféodé à cette plante. Lors des quatre premiers stades de développement, les chenilles forment d’impressionnants regroupements et la masse de la plante diminue à vue d’oeil. Lorsqu’approche le moment de la nymphose, chaque chenille s’éloigne d’une vingtaine de mètres de sa plante-hôte pour s’installer dans un endroit favorable ; elle se suspend la tête en bas à une branche, une tige ou un mur. Trois semaines plus tard émerge le papillon qui va quitter les orties pour butiner les fleurs des apiacées (celeris, fenouils, carottes…) ou des astéracées (marguerites, pissenlits, chardons, tournesols…). Les femelles retrouveront les orties pour y pondre les oeufs.

Ensisheim, le 12 mai 2023