Chrysomèle du romarin

Au mois de juin, la spirée du Japon est en pleine floraison ; elle attire le regard avec ses magnifiques bouquets roses d’où émergent une multitude d’étamines. Sur le feuillage se promène en toute discrétion un petit insecte qui est accordé à la plante. Sa livrée rayée de bandes vert et violet métallisés en fait un véritable bijou. Sa longueur atteint à peine 7mm et il a la rondeur de la coccinelle. Mais cette chrysomèle est exclusivement phytophage et s’est spécialisée dans les lamiacées : les adultes comme les larves consomment les feuilles de romarin, mais aussi de thym, de lavande, de menthe, de sarriette… plantes fortement chargées en huiles essentielles qui confèrent à l’insecte un goût âcre. Pour cette raison, la chrysomèle n’a quasiment aucun prédateur. Seule la guêpe poliste, aux longues pattes, s’attaque aux larves qui s’exposent de manière imprudente. Originaire d’Afrique du Nord et du pourtour méditerranéen, ce coléoptère pourrait bien profiter du réchauffement climatique pour conquérir des régions plus septentrionales.

Baldersheim, le 2 juin 2022