Cincle plongeur

Il faut observer le cincle en action pour réaliser les prouesses de ce champion de la plongée. Pendant l’immersion, les narines s’obturent et les replis de peau bouchent les conduits auditifs. A l’inverse de la plupart des oiseaux, une partie des os du cincle sont pleins, favorisant la plongée. Il peut effectuer des séjours sous l’eau, à moins d’un mètre de profondeur, pendant 7 à 15 secondes. Sous l’eau, le cincle actionne ses courtes ailes à l’aide de puissants muscles pectoraux et se sert de sa queue courte comme gouvernail pour garder le cap. Grâce à la force du courant qui le plaque vers le fond, tête baissée et plumage comprimé, l’oiseau amphibie peut alors marcher librement, même à reculons, sur le lit du cours d’eau et capturer ses proies. La remontée à la surface s’effectue naturellement, les ailes semi-ouvertes. Quand il sort de l’eau, le cincle n’est pour ainsi dire pas mouillé car il prend soin, plusieurs fois par jour, d’étanchéifier sa combinaison de plongée à l’aide de sécrétions huileuses produites par une glande située au-dessus du croupion et qui est chez lui particulièrement développée. Son plumage retient des bulles d’air qui enveloppent son corps comme une gangue. Les performances de cincle ne s’arrêtent pas là. Il peut plonger dans des eaux très froides, même sous la glace, ainsi que dans des rivières en crue aux eaux très boueuses. Il jouit également du statut de « passe-muraille » qui lui permet de traverser en vol le rideau des chutes d’eau et des cascades, derrière lesquelles il va régulièrement nicher.

La Barre d’Istein, le 26/01/2023