Quelques semaines plus tôt, le marais était encore gelé. Un seul couple de cygnes tuberculés trouvait quelques zones où ils pouvaient s’alimenter. Depuis que les températures nocturnes ont sensiblement remonté, le plan d’eau accueille à nouveau des convives : fuligules morillons, canards chipeaux, oies cendrées, ouettes d’Egypte, mais surtout un nombre impressionnant de foulques macroules sur le point d’entamer la saison de nidification. Des cris plus sonores que d’habitude laissent présager une vive animation. En effet, à grands renforts de gerbes d’eau, voici deux individus qui se battent violemment en duel, sous le regard d’un témoin peu rassuré. Au début de l’affrontement, chacun cherche à impressionner et intimider son adversaire en montrant ses muscles, les ailes grandes ouvertes ; poitrine contre poitrine, il faut déséquilibrer le rival en s’aidant de ses pattes impressionnantes. Tous les coups sont permis. L’avant de la tête de la foulque est protégé par un bouclier cornu, mais les coups de bec sur l’arrière de la tête sont douloureux. Sous l’influence des hormones, le combat peut devenir extrêmement violent, à la hauteur de l’enjeu : réserver le meilleur site de reproduction.
Le Rothmoos, le 1er février 2025
