Confiture d’églantier

L’hiver ne touche pas encore à sa fin.  Janvier et février sont considérés comme les mois les plus froids de l’année. Il est vrai que les après-midi ensoleillés sont accompagnés par les premiers vols d’insectes, mais le temps est encore à la disette pour les oiseaux. Les baies noires du lierre sont systématiquement pillées par les merles et les grives. Sur les talus, les chardons n’ont pas résisté longtemps aux hordes de granivores et ont perdu leurs aigrettes. Chacun peut constater qu’à l’exception de quelques pinsons des arbres et d’une famille d’orites à longues queues nos paysages sont désertés par la plupart des oiseaux qui en assuraient l’animation. Des mésanges persistent à inspecter le dédale des ronces pour dénicher quelques oeufs ou larves d’insectes ignorées. En voilà une qui se rabat sur un cynorhodon rouge éclatant. Elle connaît l’endroit où le fruit est le plus tendre, au niveau de l’attache. C’est par là qu’elle prélève la confiture sucrée dont elle raffole. C’est peut-être dans cette chair orangée que se trouvent les pigments qui vont rehausser le jaune de sa poitrine.

Hirtzfelden, le 29 janvier 2025