Début décembre, la saison des champignons est pour ainsi dire terminée. Le froid et le gel ont eu raison des derniers résistants; il faudra attendre le printemps pour renouer avec le plaisir de la cueillette. Le paysage habituel de nos pérégrinations a également été chamboulé. Dans la forêt de la Hardt, l’ONF a entrepris de clôturer des parcelles pour permettre une régénération naturelle des arbres. Le travail vient de s’achever dans le secteur de la Grünhutte. Au bord des chemins, le sol a été remué par de gros engins de chantier. C’est dans cette litière fraichement retournée que des champignons montrent le bout de leur nez. Ils sont reconnaissables de loin, car ils appartient à la famille des coprins. En fait, il s’agit d’une espèce qui n’est pas très commune et qui devient exceptionnelle début décembre. D’abord trapu, le coprin pie s’affine en vieillissant mais se dégrade bien vite. Le chapeau est brun, mais recouvert d’un voile blanc se fissurant sur fond beige et qui finit par noircir. Ce champignon n’est pas comestible. Il contient une mycotoxine, la coprine. Lorsqu’elle est associée à l’alcool, elle provoque le « syndrome Coprinien ». Elle inhibe une enzyme impliquée dans le métabolisme de l’alcool et a un effet Antabuse, entraînant une intolérance à l’alcool pendant 5–10 jours avec vomissements, tachycardie, bouffées congestives du visage, hypotension.
La Grünhutte, le 1et décembre 2024
