Dans l’immense majorité des cas, les photographies d’oiseaux sont prises de face pour installer une proximité et mettre en dialogue le sujet et son observateur. Par convention, c’est souvent sur l’oeil que se fait la mise au point. L’identification de l’espèce est grandement facilitée si l’on dispose de tous les détails de la tête : volume, forme, couleurs… En présence d’une photographie d’oiseau vu de dos, on est d’abord un peu désarçonné car les points de repère habituels sont cachés au profit d’une multitude de détails nouveaux. Curieusement, notre regard recherche toujours l’oeil en premier et on parierait fort sur le fait que, même de dos, le pinson continue de nous observer. Ensuite seulement, nous inspectons minutieusement les différents éléments du plumage qui a été renouvelé lors de la mue de fin d’été. Les plumes sont impossibles à dénombrer avec précision – entre 1500 et 4000 pour un passereau – mais on en distingue très nettement deux sortes. Celles qui recouvrent la tête, le dos, le ventre sont des plumes de couverture : elles protègent l’oiseau de l’environnement extérieur. Les plumes attachées aux ailes et à la queue sont beaucoup plus grandes et lui servent à voler. Chacune est indispensable à la bonne santé et à la survie même du fringille qui consacre quotidiennement un long moment à les toiletter.
Baldersheim, le 17 décembre 2022
