Du balai !

Du balai, oiseau dépravé! Apparentée aux corvidés qui hantent les gibets du Moyen-Age, la pie a mauvaise presse. N’est-elle pas cette voleuse qui a obligé Tintin à grimper au sommet d’un arbre pour récupérer les bijoux de la Castafiore? Par ailleurs, il est de notoriété publique que la pie a la cruelle habitude de vider les nids des autres oiseaux pour nourrir sa progéniture. Un oiseau qui enfreint les règles de la propriété, qui pratique sans scrupule l’infanticide et qui n’a aucun respect devant la mort, mérite-t-il autre chose que l’extermination? Heureusement pour elle, des avocats bien documentés ont prouvé que sa  réputation de voleuse était complètement infondée. Si elle prélève des oisillons au printemps, elle reste majoritairement omnivore  et assainit même l’environnement de l’homme en le débarrassant de déchets potentiellement dangereux. Et surtout, c’est un oiseau doté d’une mémoire et d’une intelligence exceptionnelles qui devraient forcer le respect. Ce n’est pas parce que la pie bavarde est l’anagramme de balai dépravé qu’elle mérite d’être pourchassée à outrance.

Baldersheim, le 17 novembre 2024