Échelle de grandeur

La journée devait être magnifique et elle a tenu ses promesses. Ce sont d’abord les toits qui ont perdu leur perruque argentée. Ensuite est venu le tour des voitures: le soleil a mis du temps à les sortir de leur torpeur givrée, mais bien avant le déjeuner, elles avaient retrouvé leurs esprits. En début d’après-midi, malgré un léger vent du nord, les plaques gelées avaient à leur tour disparu du sol. Il n’en fallait pas plus pour se décider à rejoindre un coin de campagne où oiseaux et animaux devaient être à la fête… L’affût est posé à une quinzaine de mètres d’un plan d’eau, au bord d’une roselière. Tout près, pousse une arbre qui accueille les oiseaux en pause, les petits comme les grands. C’est d’abord un rapace qui se pose sur une branche basse; il observe attentivement les environs. Le pinson des arbres qui se perche un étage plus haut donne une indication précieuse sur l’identité de son voisin. Il ne se serait jamais approché d’un autour des palombes ou d’un épervier ; avec la buse variable, il ne court aucun danger. Sur l’échelle de grandeur, il paraît minuscule, mais c’est lui qui attire tous les regards.

Ensisheim, le 15 février 2025