Localement surnommée langouste de Provence, l’empuse pennée est dépourvue d’ailes et se déplace un peu maladroitement. Peu importe, elle surprend ses proies à l’affût ou dans leur sommeil. Ses pattes ravisseuses démesurées, armées de deux rangées d’épines, ne laissent guère de chance aux criquets, sauterelles et autres grillons. Après les avoir capturés à la manière d’une mante religieuse, elle les découpe avec ses puissantes mandibules. Tout comme sa pieuse cousine, elle peut être cannibale, mais ce n’est pas le mâle qu’elle dévore. Et pour cause, il n’y en a pas ! Comme certains vers, poissons, reptiles et même quelques oiseaux, elle se multiplie par parthénogenèse. Un mot compliqué pour dire que sa reproduction est indépendante de toute sexualité. Ses œufs ne sont pas fécondés et ne donnent naissance qu’à des femelles. Une sorte de clonage à la chaîne qui semble simplifier les choses. Mais, sans brassage génétique, cette fabuleuse bestiole sera-t-elle en mesure de s’adapter aux bouleversements actuels ? (Texte extrait de la revue La Salamandre N° 274)
Condorcet, 9 octobre 2016
