Les prévisions météorologiques n’étaient pas bonnes ; on nous avait même conseillé de rester bien au chaud pour ne pas avoir à affronter la pluie et les fortes rafales de vent. Les oiseaux ont également mis du temps à quitter leurs abris, mais la faim a eu raison de leur retenue. Nous avions pris soin de remplir la mangeoire, lieu stratégique de rencontre des moineaux, pinsons et mésanges. La station n’est pas déserte bien longtemps : le temps d’attraper une graine de tournesol et déjà arrive la relève. Qu’importe la pluie qui tombe de façon anarchique et le vent qui décoiffe les calottes, pourvu qu’on trouve les calories qui permettront de survivre à cette journée. Le pinson des arbres qui s’est posé sur le vieux pommier n’est plus tout jeune. Ses pattes sont déformées par des excroissances cornées. Ce ne sont pas simplement des signes de vieillesse, mais la manifestation d’une gale causée par des acariens hématophages microscopiques. Ils vivent à la surface de la peau non couverte de plumes et la femelle creuse des galeries superficielles pour y pondre ses oeufs. La nature très cornée des pattes rend l’oiseau moins sensible à cette maladie.
Baldersheim, le 22 décembre 2024
