Elle s’était posée quelques instants sur la haie de lauriers, mais la menace de la pluie l’a décidée à s’envoler pour se mettre à l’abri. Exercice de routine, répété une centaine de fois chaque jour, l’envol est intéressant à observer. La pie s’accroupit, déploie ses ailes et saute en les abaissant vigoureusement. La forme courbée de l’aile et son mouvement permettent le décollage. En réalité, les ailes assument une double fonction. En repoussant l’air vers le bas, elles compensent la force de gravité et assurent la portance. Elles propulsent aussi l’oiseau vers l’avant en produisant un flux d’air qui glisse de part et d’autre de son corps. On voit d’ailleurs nettement sur la photo figée au millième de seconde que les gouttelettes de pluie sont comme écartés du fuselage de la pie au fur et à mesure qu’elle avance. Tout l’organisme de l’oiseau est adapté au vol. Le coeur est très gros proportionnellement au reste du corps et bat plus vite que celui des mammifères. Les poumons sont ramifiés et un système complexe de sacs aériens se répand dans tout le corps, y compris dans les os et les muscles pectoraux insérés sur le bréchet. Une machinerie sophistiquée qui a permis à l’oiseau de fuir en cas de danger, mais aussi de partir à la recherche de la nourriture ou de migrer lorsque les saisons deviennent trop rudes.
Baldersheim, le 7 avril 2023
