Les insectes, comme tous les êtres vivants, doivent se battre pour survivre. Au fil de l’évolution, ils se sont spécialisés dans certains milieux, voire certaines plantes avec lesquelles ils tissent des liens de collaboration mutuelle. Ils éclosent et se métamorphosent au moment le plus favorable de l’année; les chenilles se nourrissent de feuilles et de tiges alors que les papillons privilégient le nectar ou le pollen des fleurs. L’ « échiquier » a justement choisi de se poser sur une inflorescence d’origan. Le papillon expose sa belle livrée blanc et noir, toute déployée ; les ailes sont bordées de motifs de dentelle qui rappellent les châles que portent les femmes en deuil. Il est d’ailleurs connu sous le nom « demi-deuil ». Ironie du sort… le papillon portait cette tenue au moment de mourir ! En observant de plus près la scène, on aperçoit, bien cachée sous les feuilles de l’origan, une thomise en plein festin : elle a injecté son venin pour immobiliser sa proie et se nourrir de ses organes liquéfiés.
Le Bollenberg, le 21 juin 2020
