Faucon crécerelle

Quand on prend de l’âge, on a besoin de mettre un peu de distance entre nos yeux et l’objet que l’on regarde. Le rapace n’est pas soumis à cette contrainte : perché sur un arbre à plus de quinze mètres de hauteur, il distingue parfaitement tout ce qui bouge au niveau du sol. Comme tous les falconiformes, il dispose de deux fovéas, zone de la rétine où la vision des détails est plus précise, contre une seule chez l’humain. Celui qui nous observe attentivement est un faucon crécerelle mâle, reconnaissable au capuchon gris qui recouvre sa tête. Les couleurs roux et crème de ses plumes sont également plus marquées que chez la femelle. Le nom scientifique, falco tinnunculus fait allusion au cri de l’oiseau. En latin, tinnulus veut dire « qui rend un son clair ». Ce terme se rapporte aux appels entre le mâle  et la femelle pour l’échange de nourriture. Quant au nom français, il fait référence à un autre bruit sec et répété, un craquement  produit par la crécelle utilisée autrefois dans les offices liturgiques les trois jours avant Pâques pour remplacer les cloches. À vrai dire, le cri du faucon est beaucoup plus strident et perçant que le claquoir des églises.

Baldersheim, le 12 décembre 2024