Fauvette grisette

L’oiseau qui se perche fugitivement sur un reliquat de fil métallique est un migrateur de  retour d’Afrique. Comme en témoigne le nom scientifique, Curruca communis, il était très commun autrefois; ses effectifs se sont effondrés après la terrible sècheresse au Sahel, durant l’hiver 1968-69. Se nourrissant essentiellement d’invertébrés, larvaires ou adultes, il a toujours du mal à prospérer en raison de l’effondrement des populations d’insectes. La fauvette grisette n’est pas adepte du slogan suisse « propre et en ordre »: elle apprécie les milieux ouverts et bien exposés, les zones incultes ou en friches, avec des buissons bas ou quelques arbustes dans un contexte herbacé, ainsi que les anciennes carrières ou les friches industrielles. Active, nerveuse, elle peut se percher fugitivement au sommet de la végétation ou s’élever lors de courts vols saccadés. Le mâle se laisse plus facilement observer lorsqu’il chante au sommet d’un arbre pour attirer une compagne, en exhibant une superbe gorge blanche qui tranche avec la nuque gris clair. Après la période de nidification, la fauvette subit une mue  complète. Elle change également de régime alimentaire en consommant des fruits et quelques graines pour reconstituer une réserve de graisse indispensable au long voyage qui l’attend. 

Baldersheim, le 23 juin 2024