« C’est l’automne. Saison des rafales et des flamboyances. Avant d’enfiler son morne habit hivernal, la nature jette des derniers feux : les frondaisons se parent de rubis et d’or. Mais déjà les arbres se dépouillent. Arrachées par les bourrasques, les feuilles s’envolent. » Ainsi s’exprime Florence Rosier dans les colonnes du Monde. Les scientifiques nomment ce phénomène « apoptose » qui désigne la mort cellulaire programmée. En perdant leurs feuilles caduques en automne, les arbres évitent que celles-ci ne gèlent durant la saison froide, mais préviennent aussi le risque de cassure des grands rameaux qui pourraient céder sous le poids de la neige. C’est le raccourcissement des jours plus que l’arrivée de la fraîcheur qui donne le top de départ. La chlorophylle qui est une molécule instable et coûteuse à produire n’est plus rechargée par les feuilles. En conséquence le vert s’estompe et les autres pigments sont démasqués : l’orange et le jaune des caroténoïdes, le rouge et le violet des anthocyanes. On peut cependant constater que le passage de l’arrière-saison est de moins en moins marqué en raison des sècheresses plus longues.
Baldersheim, le 31 octobre 2024.
