Feux de croisement

La nuit agonise lentement et dans une petite heure l’aube actera sa disparition.  Aucun bruit ne vient perturber le recueillement. Même les merles font preuve de retenue avant de lancer leur échauffement vocal. L’obscurité se dilue progressivement dans le halo de l’éclairage public qui sécurise les travailleurs matinaux. Le hublot du fournil dévoile ce monde extérieur; il trahit également, dans un étrange reflet, un autre feu naissant. La chaleur du four qui se gave de bûches donne des ailes aux pâtons en attente de cuisson. Lorsque l’aurore rougira le ciel, les miches prendront des couleurs dorées et croustillantes pour une journée pleine de saveur.

Baldersheim, le 29 février 2024