C’est toujours avec une certaine émotion que l’on assiste à une scène intime où un animal s’occupe de son petit. Lorsqu’il s’agit d’un oiseau, le sentiment est encore plus fort car on réalise la charge que cela représente pour les parents : quatre à huit semaines entièrement dévouées à la progéniture. Il y a d’abord la construction du nid puis l’incubation des oeufs. Après commence une course effrénée pour les nourrir, et cela par tous les temps, sans repos hebdomadaire. La foulque macroule qui fait goûter à son poussin une herbe fraîchement pêchée nous trouble encore davantage. On a comme l’impression de regarder « une gueule cassée » de la grande guerre qui cache ses blessures derrière un masque mal ajusté. Et le petit, pour se mettre au diapason du physique de ses parents, s’est paré de formes hirsutes aux couleurs criardes. Comme par miracle, il héritera dans quelques semaines du masque de ses parents.
Le Rothmoos, le 26 avril 2024
