Galets du Rhin

Depuis que le Rhin a été domestiqué au début du 19è siècle par l’ingénieur Tulla, les orpailleurs ont quasiment tous déserté les rives du fleuve. Trop rapide, il creuse les fonds et emporte tout sur son passage. Ils sont remplacés par les familles qui y cherchent un peu de fraîcheur en été. A quelques centaines de mètres du Grand Canal d’Alsace, le vieux Rhin conserve les vestiges de la grande époque. Les chemins de halage existent toujours ; certes ils sont envahis pas la végétation, mais on y voit toujours les pavages qui avaient nécessité de gros investissements en matériel, en temps et en hommes. En se frayant un chemin au milieu des arbustes qui séjournent une partie de l’année les pieds dans l’eau, on accède à une immense grève, toute recouverte de galets. C’est là que les enfants peuvent chercher des trésors. Selon que les pierres sont recouvertes d’eau, elles changent de couleur et un simple petit caillou peut devenir une grosse pépite d’or. Les galets sont empilés pour dresser des cairns , sortes de tumulus de pierres ou simples cheminées en équilibre.  Parfois également, on retrouve sur un bloc calcaire des traces de leurs facéties qui attestent que les écoliers sortent en récréation… avec quelques affaires scolaires en poche.

La barre d’Istein, le 14 juin 2020