Mais quel est donc cet oiseau curieux qui se contorsionne pour être aux premières loges afin d’observer ce qui se passe dans son quartier de forêt ? C’est le geai des chênes qui s’est donné pour mission de tout voir et de tout signaler. Chacun a déjà entendu son cri d’alerte, rauque, sonore et désagréable, mais très efficace. On pensait se faire discret pour observer les oiseaux de la frondaison et voici que notre présence est publiquement dénoncée. Pour nous consoler, le mouchard nous offre la possibilité de suivre sa fuite jusqu’à ce qu’il se dérobe à nouveau à notre vue. Paradoxalement, les ornithologues ne tarissent pas d’éloges sur les prouesses sonores de ce corvidé. Son répertoire est vaste et il est capable d’imitations parfaites, la plus connue étant celle de la buse variable. Le geai est particulièrement vocal en fin d’hiver au moment de la formation des couples. Si l’on devait parler de chant, ce serait pour les vocalises émises à cette occasion, plus mélodieuses et soutenues. D’ailleurs la langue française lui rend hommage avec une belle brochette de mots : on dit que le geai cacarde, cajole, frigulote ou jase.
Baldersheim, le 1 juin 2024
