Mars a fait entrer résolument une majorité d’oiseaux dans la phase de construction des nids. Le grand cormoran qui fréquente les marais de la Petite Camargue Alsacienne n’est pas en reste. Il lui faut de préférence un grand arbre pour faciliter l’envol comme l’atterrissage. Le peuplier noir lui convient parfaitement. Chaque embranchement abrite d’ailleurs un nid car les cormorans pratiquent la colocation forcenée. Comme chez les humains, ce sont les appartements en hauteur qui sont le plus disputés, mais pour des raisons plus terre à terre : il n’est pas rare que les résidents des étages inférieurs recueillent les souillures qui tombent de plus haut. Pour l’heure, ils en sont encore à la « pêche au gros ». Chaque partenaire cherche des branchages qui flottent dans l’eau, et cette opération est grosse consommatrice d’énergie. Le décollage habituellement lourdaud devient franchement une épreuve, et quand après un long détour le cormoran atteint enfin son nid, il a besoin de souffler après avoir déposé le fardeau hissé dans son bec.
Petite Camargue alsacienne, le 21 mars 2023
