Dans la famille des grives, la draine est la plus grande. Elle est reconnaissable à son ventre et ses flancs blanchâtres fortement marqués de taches noires circulaires. On la rencontre souvent en hiver, en lisière de forêt ou dans les vergers, surtout lorsque les arbres sont couverts de gui. La draine gobe toutes rondes, les perles blanches du végétal parasite dont les graines transitent par son appareil digestif. Enrobées d’un mucus visqueux (viscum est d’ailleurs le nom latin du gui), elles tombent avec les fientes de l’oiseau, se collent sur la première branche venue et pourront y germer si elles ne sont pas lessivées ou détruites par les mésanges. Ainsi la grive draine se transforme en agent de propagation du gui ! Voilà qui pourrait ternir son image auprès des détenteurs de jardins et surtout de vergers s’il n’avait été démontré que le gui, tout parasite qu’il est, ne tue pas son hôte . En somme, accueillir la grive draine chez soi, c’est la meilleure garantie de pouvoir s’embrasser sous le gui à la Saint-Sylvestre.
Baldersheim, le 18 décembre 2024
