Journée de stress dans la réserve naturelle de l’Eiblen et de l’Illfeld, un espace de liberté pour le cours de l’Ill sauvage. Un gel sévère a figé les sols et crispé les tiges de la renouée du Japon qui a pris possession des lieux. Le chemin est balayé par une bise mordante. Deux chevreuils traversent le pré au pas de course et disparaissant aussitôt derrière les arbres . Une grive musicienne surveille le moindres mouvements aux alentours ; elle ne tardera à quitter son poste de guet pour s’enfoncer dans la forêt. Celle qui est devenue une experte dans le décorticage des escargots ne doit plus trouver grand chose à se mettre sous le bec. Il y a bien des gerbes de lierre qui portent des fruits, mais en ce mois de janvier les baies disponibles ne sont pas bien mûres. Quelques rares pinsons posés à même le sol s’envolent à mon arrivée. Aucune trace de castor, de harle-bièvre ou de martin-pêcheur. Pour les plantes, il faudra patienter encore quelques mois pour voir émerger et fleurir l’ornithogale penchée, la barbarie intermédiaire et la filipendule vulgaire qui font la richesse de ce lieu.
Réguisheim, le 21 janvier 2023
