Début mai, le soleil réveille enfin les plantes qui rêvaient de mettre des couleurs dans le jardin. Cela n’a pas échappé à une abeille solitaire, une halicte qui a un faible pour les centaurées, scabieuses et autres chardons. Très poilue, elle a un abdomen marqué de larges bandes de couleur ocre. A cette époque de l’année, on ne voit que des femelles, reconnaissables à leurs antennes coudées et aux brosses de récolte qui ornent leurs tibias. Les halictes nichent dans des tunnels creusés à même le sol et les nids sont souvent regroupés en bourgades. Pour autant, chaque femelle ne s’occupe que de son nid qu’elle reconnaît à l’odorat. Vers la fin de l’été, apparaissent les mâles. Les oeufs fécondés sont déposés dans la galerie en même temps que les provisions appelées « pain d’abeille ». Il s’agit d’un agglomérat de miel, de ferments lactiques et de pollen accumulé par les abeilles au cours de leur butinage. Ce pain d’abeilles contient les vitamines et les protéines nécessaires au bon développement des larves. Une seconde génération de femelles hiberneront et relanceront le cycle au printemps suivant.
Baldersheim, le 5 mai 2023
